ISSP FRANCE

 

- Quelques résultats des enquêtes ISSP -

 

Les résultats des enquêtes sont très riches et font progresser la connaissance des sociétés. Ils permettent de très nombreuses analyses pour chaque pays et pour comparer entre nations.

Donnons quelques exemples :

1. Une conception égalitaire des rôles familiaux, mais des différences fortes selon les générations

2. Diversification des formes de vie familiale

3. La fierté nationale existe partout mais connaît cependant de fortes différences nationales

4. L’absence d’appartenance à une religion

5. Les Français sont très favorables au "droit d'ingérence"


1. Une conception égalitaire des rôles familiaux, mais des différences fortes selon les générations

Les enquêtés doivent, dans cette question, dire leur accord ou leur désaccord avec une affirmation très traditionnelle sur le rôle de l'homme et de la femme dans la famille : " Le rôle d'un homme, c'est de gagner l'argent du ménage ; le rôle d'une femme, c'est de s'occuper de la maison et de la famille " (ISSP 2002).

 

 


D'après la colonne Total (dernière colonne à droite du tableau), seulement 22 % des Français se disent tout à fait ou plutôt d'accord avec cette conception traditionnelle. 63 % manifestent au contraire leur désaccord. Ils sont en fait favorables au partage des tâches professionnelles et ménagères entre hommes et femmes (74 % disent par ailleurs, en réponse à une autre question, que le mari et la femme doivent contribuer l'un et l'autre aux ressources du ménage).
Le tableau montre que les écarts entre générations restent très forts. Dans les jeunes générations, la conception traditionnelle n'a presque plus de partisans (seulement 6 % des 18-24 ans).
Mais une autre question permet de voir que, de fait, ce sont les femmes qui, le plus souvent dans la famille, lavent le linge, préparent les repas, font le ménage. Les hommes ne s'occupent prioritairement que des petites réparations. Il y a donc un écart très important entre la volonté affirmée de partage des tâches et la réalité de la pratique.
Ce type de résultats se retrouve dans beaucoup de pays européens.


2. Diversification des formes de vie familiale

Les formes de vie de couple en dehors du mariage légal se développent dans de nombreux pays. C'est dans les pays scandinaves que le phénomène est le plus développé.

 

 

 

3. La fierté nationale existe partout mais connaît cependant de fortes différences nationales

La question est dans chaque pays adaptée à la nationalité concernée ; on demande par exemple en France : " êtes-vous fier d'être Français ? " et au Canada " êtes-vous fier d'être Canadien ? ".

   

La comparaison des résultats montre que la fierté nationale existe partout : les personnes qui se disent " plutôt pas fier " ou " pas fier du tout " de leur nationalité sont dans tous les pays très minoritaires. Ceci montre que l'attachement des populations à leur pays est une dimension assez universelle.
Il y a cependant une intensité du nationalisme très différente selon les pays, en fonction de l'histoire de chaque nation ou zone culturelle. La fierté nationale est très développée aux Philippines, aux Etats-Unis, en Irlande, en Australie, au Canada, en Nouvelle Zélande et en Israël. Elle semble nettement moins forte dans certaines vieilles nations européennes comme la France. Elle est faible en Suisse où l'attachement est probablement plus local, la fierté étant souvent cantonale ou même communale. Le poids de l'histoire explique le résultat particulièrement bas de l'Allemagne et de certains pays de l'Europe centrale et orientale.


4. L’absence d’appartenance à une religion
Comme le montre le tableau ci-dessous, le rapport des individus à la religion varie beaucoup selon les pays.
 

 

De nombreux Japonais disent ne pas appartenir à une religion, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'aient pas de sentiment religieux. Mais le rapport des Japonais à la religion est très peu institutionnalisé. Le processus de sécularisation est très développé aussi dans certains pays européens où les institutions religieuses ont perdu une grande partie de leur influence sur la société.
Dans certains pays nordiques, les populations continuent massivement de se dire membres de l'Eglise nationale luthérienne, mais cela exprime davantage un sentiment national que religieux. Le phénomène est probablement de même nature pour les juifs d'Israël. Leur affirmation d'appartenance religieuse dit pour beaucoup leur identité nationale.
Le processus de prise de distance avec les institutions religieuses est plus lent dans un pays comme l'Irlande ou la Pologne. Aux Philippines, le catholicisme reste très influent et très puissant. 82 % sont catholiques, et 52 % de la population assistent à un office religieux au moins une fois par semaine.


5. Les Français sont très favorables au "droit d'ingérence"
Dans les relations internationales, on affirmait classiquement qu'il fallait respecter la souveraineté de chaque pays et ne pas s'ingérer dans leurs affaires intérieures. Mais aujourd'hui les organisations internationales commencent à intervenir dans certains pays au nom du droit d'ingérence, pour des raisons humanitaires ou en cas de violation des droits de l'homme. L'opinion publique française soutient très fortement ce droit d'ingérence, comme le montrent les résultats ISSP de 2004.
 

 

Presque trois Français sur quatre se prononcent en faveur du droit d'ingérence et seulement 13 % le refusent. Les non réponses sont cependant assez élevées (16 %), ce qui montre qu'une petite partie de l'opinion n'a pas d'idée arrêtée sur cette question touchant aux relations internationales.
L'ingérence est majoritaire dans toutes les catégories de population, elle est cependant encore plus fortement choisie par les hommes que par les femmes, par les catégories supérieures, par les actifs en politique, dans la vie sociale et associative. Les catégories un peu moins convaincues par le droit d'ingérence sont aussi celles qui ont le moins de connaissances en la matière et qui ne répondent pas à la question.


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